Etre « sénior » à 45 ans dans un pays qui vous demande de travailler au moins jusqu’à 64 ans

« En France, on a inventé un truc assez violent : être « senior » à 45 ans… dans un pays qui vous demande de travailler au moins jusqu’à 64 ans.
L’article de L’Essentiel de l’Éco montre bien cette absurdité :
👉 côté État, la réforme recule l’âge légal, allonge la durée de cotisation, pousse à rester en emploi plus longtemps ;
👉 côté marché, les RH commencent à classer « senior » dès 45–50 ans, et l’âge moyen du salarié considéré comme senior tourne autour de 50 ans.
Autrement dit : on exige des carrières plus longues, mais on raccourcit la période où les employeurs jugent les gens “employables”.
Et quand on ajoute l’angle de la séniorité féminine, la contradiction devient une machine à précariser les femmes : double peine sexisme + âgisme.
Pourquoi ? Parce qu’après 45 ans, un homme est encore perçu comme « expérimenté », « rassurant », « légitime »… tandis qu’une femme du même âge devient « trop vieille », « pas assez digitale », « moins évolutive ».
Ce que l’article pointe du doigt sans toujours le dire explicitement, c’est qu’on ne parle pas juste d’arithmétique :
👉 on repousse la retraite sans transformer en profondeur les pratiques RH sur le recrutement, la mobilité, la formation en seconde partie de carrière ;
👉 on laisse prospérer des stéréotypes sur les femmes de 45–60 ans, alors même qu’elles cumulent les rôles (salariées, mères, aidantes, grands‑mères parfois) et qu’elles sont en première ligne de la charge mentale.
La « séniorité » à la française est donc tout sauf neutre : elle fabrique de l’invisibilisation et de la précarisation, particulièrement pour les femmes.
En savoir plus 👉 « 𝑆𝑒𝑛𝑖𝑜𝑟 𝑎̀ 45 𝑎𝑛𝑠 : 𝑙’𝑎𝑏𝑠𝑢𝑟𝑑𝑖𝑡𝑒́ 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒 𝑛𝑒 𝑣𝑒𝑢𝑡 𝑐𝑜𝑟𝑟𝑖𝑔𝑒𝑟 » par Julien Decourt
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